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B. Bérard, A. Berthé, J.P. Giraud, S. Grouard, N. Serrand et N. Vidal

L'OCCUPATION SALADOIDE CÉDROSANE DE LA MARTINIQUE

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L'étude de l'occupation saladoïde cédrosane de la Martinique est actuellement le principal thème d'étude de notre P.C.R.. Nos travaux s'appuient essentiellement sur l'exploitation des données issues des fouilles que nous avons réalisées à Dizac au Diamant ainsi qu'à Vivé au Lorrain. Ces deux sites font actuellement l'objet d'études pluridisciplinaires en vue de la publication de deux ouvrages monographiques. Par ailleurs, une étude régionale, nourrie par les informations de la carte archéologique et la réalisation d'opérations de sondages (Anse Céron, Anse Couleuvre), est en cours.

L'ensemble de ces travaux devrait nous permettre d'obtenir une vision relativement exhaustive de la série Saladoïde en Martinique. Ce premier travail lent et rigoureux de définition de la série, exclusivement centré sur la Martinique, nous paraît être le préliminaire indispensable à toute étude à caractère régional.

Nous espérons que cet élargissement de notre zone d'étude vers les îles voisines pourra être effectif dans les années à venir.

B. Bérard
Le site de l'Anse Couleuvre au Prêcheur
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Le site de l'Anse Couleuvre, localisé à l'extrémité Nord de la côte caraïbe de la Martinique, a été découvert par M. Desgrottes en 1995 à la suite du cyclone Maryline. Cette année, dans le cadre du stage de fouille destiné aux étudiants de l'Université des Antilles et de la Guyane, nous avons entrepris de sonder ce site. La coupe en bordure Nord-Est de la rivière de l'Anse Couleuvre, issue de l'érosion liées au passage de Maryline, a été dégagée en trois points et un sondage de 2 m2 a été implanté sur le petit plateau situé à son sommet.

Coupe 1

La coupe 1 est la plus en amont des trois que nous avons dégagées. La base de la séquence correspond à un niveau de tuf en place. Sur ce socle ont trouve une petite couche de ponce (10cm d'épaisseur en moyenne). C'est au sommet de ce niveau qu'ont était découverts les restes peu nombreux d'une occupation amérindienne répartit au sein d'une couche d'une cinquantaine de centimètres d'épaisseur. Ce niveau d'occupation est scellé par différents dépôts cendro-ponceux. Enfin, le sommet de la séquence correspond à 20cm de terres végétales.

La coupe 2 (figure 1)

La coupe 2 est la plus complète que nous ayons dégagée. Les 20 premiers centimètres correspondent à la couche de terre végétale. Le niveau sous-jacent est une couche de ponce remaniée par les racines d'une touffe de bambou. On observe ensuite une alternance de couches argilo-cendreuses claire et de couches argilo-cendreuses plus sombres contenant des vestiges amérindiens en place (figure 2). Le dernier de ces 4 niveaux d'occupation repose sur le socle en tuf. Une première observation rapide du matériel issu des différents niveaux semble indiquer une occupation du site entre le IVème (transition Saladoïde ancien/Saladoïde modifié) et le Xème siècle après J.-C (Troumassoïde).

La coupe 3

Seul le sommet de la coupe 3 a pu être dégagé. La stratigraphie observée est semblable à celle de la coupe 2 (Terre Végétale, Ponce (P1?), 1er niveau d'occupation). En l'absence de bioturbation, c'est cette coupe qui nous a offert les meilleures conditions d'observation de la couche de ponces qui pourrait être rapprochée de l'éruption P1 datée du début du XIVème siècle.

Le sondage 1 (figure 3)

Le sondage 1 a été implanté au pied d'un petit morne sur le petit plateau au sein duquel la rivière de l'Anse Couleuvre a creusé son lit. Sous la couche de terre végétale et le niveau d'occupation historique, on a observé près d'un mètre d'épaisseur de colluvions issu du morne voisin. Sous ces colluvions, on retrouve la couche de ponce déjà observée dans les coupes 2 et 3. Le sondage a été arrêté pour des raisons de sécurité au sommet du premier niveau d'occupation amérindien. Il présente un très important pendage Est/Ouest.

Le site de l'Anse couleuvre présente donc une intéressante séquence stratigraphie comprenant plusieurs niveaux d'occupation amérindiens scellés par une couche d'éruption volcanique. Malheureusement, ce site a largement été détruit par les mouvements de la rivière de l'Anse Couleuvre. Seule la petite partie du plateau situé au pied du morne présente encore les restes en place de ces occupations. Afin, de compléter notre connaissance de ce site, différents prélèvements ont été effectué dans la coupe 2 en vu de la réalisation d'analyses micromorphologiques et palynologiques. Par ailleurs, des charbons sont actuellement en cours de datation.



N. Vidal
Le site de l'Anse Céron
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A l'occasion du stage archéologique effectué par les étudiants de l'Université des Antilles et de la Guyane, une série de sondages ont été réalisés entre le 17 et le 23 avril 2001 dans le cadre de la prospection pour la carte archéologique, sur la cote nord caraïbe de la Martinique. Trois sites ont été sélectionnés : La Carbet, L'anse couleuvre ainsi que l'Anse Céron dans la commune du Prêcheur. L'objectif était de valider les coordonnées géographiques de ces sites tout en vérifiant leur état de conservation ainsi que leur contexte chrono-stratigraphique.

L'Anse Céron, située sur la côte nord Caraïbe de la Martinique, est encadrée de deux Mornes volcaniques principaux (La Marry au sud, le Morne du Céron au nord). C'est une petite plaine alluviale, essentiellement constituée de matériaux de colluvions et de sédiments volcaniques apportés par la rivière du Céron. Son trait de côte est rectiligne, directement exposé aux vagues de la Mer des Caraïbes. La carte bathymétrique de la région révèle des profondeurs très rapidement importantes.

Une première intervention avait été effectuée dans cette zone en 1994 à la suite de la découverte de quelques tessons amérindiens à l'occasion de l'aménagement touristique du site par Office National des Forets. La présence d'un petit site précolombien dans cette zone avait, en effet, déjà été signalée en 1976 dans une note de prospection par H. Petitjean Roget2 où était déjà observé un risque de destruction.

A l'occasion du projet ONF quatre sondages dans la partie extrême nord de l'anse (à l'emplacement du décaissement prévu pour installer un parking) et sept relevés de coupes ont été effectués dans les parties nord de l'Anse.

Les quatre sondages réalisés dans les épaisses couches volcaniques se sont révélés totalement stériles. Ils ont toutefois permis de vérifier la présence d'une couche de ponce beige/jaune, scellant un paléosol, comparable à celle qui recouvre les sites archéologiques de cette zone nord caraïbe, depuis l'anse couleuvre jusqu'à l'anse Belleville.

En revanche, le rafraîchissement stratigraphique des bermes longeant la route en direction du sud de l'anse ont révélé la présence de matériel archéologiques, essentiellement céramique, attestant la présence d'un établissement préhistorique colluvié et recouvert par les colluvions. Il s'agissait, vraisemblablement dans cette zone de la limite nord de l'occupation. Enfin, une prospection pédestre sur la partie méridionale de la plage à révélé la présence de petits fragments de poteries épars le long du littoral.

Cette année, deux sondages de 2m2ont été implantés dans une parcelle agricole en friche à la date de notre intervention. Il s'agit d'un méplat qui borde la route et qui domine la plage de quelques mètres, au sud de la zone qui avait révélé des vestiges de poterie en 1994. Bien que cette zone n'ait attesté d'aucun vestige précolombien en surface, après prospection pédestre, les fragments de poteries retrouvées de l'autre coté de la route, sur la zone littorale érodée, laissaient présager une possible présence plus en amont.

Ces sondages ont été effectués manuellement à 10 m de distance l'un de l'autre selon un axe perpendiculaire au trait de côte. Ils n'ont pas permis de retrouver la couche archéologique précolombienne, mais ont mis au jour un site funéraire historique remontant probablement au XVIIIème siècle. Il s'agit vraisemblablement du cimetière attenant à la chapelle de l'anse Céron attestée par les historiens et aujourd'hui détruite. Cette découverte ne nous à donc pas permis d'aller plus au-delà dans nos investigations. En effet, les tombes creusées dans les couches archéologiques contenaient, dans l'ensemble, des sépultures en bon état de conservation nécessitant l'intervention d'anthropologues qualifiés ainsi que d'un délai de fouilles plus important pour un site de cette ampleur.

Sondage 1 (ouest) coupe sud

D'une profondeur maximale de 130 cm, il est composé de deux couches stratigraphiques. Il a été interrompu à la limite supérieure d'une sépulture historique en place. La couche supérieure, d'une épaisseur de 75cm (est) à 110 cm (ouest) témoigne d'un pendage important vers la mer. Cette couche très compacte et très cendreuse, d'une couleur gris clair, comportait des fragments de madrépore blanchis sans doute en témoignage des nombreux amendements à la chaux effectués sur cette parcelle agricole dès la période moderne et qui se sont poursuivi jusqu'à la période contemporaine. Très peu de matériel historique à été retrouvé dans cette couche.

La couche sous-jacente, d'une profondeur de 40 cm (est) à 10 cm (ouest), tout aussi compacte et d'une couleur beige clair, contenait quelques fragments de céramique historique et comportait davantage de racines. Aucune trace de la couche de ponce vérifiée dans les sondages plus en amont en 1994 n'a pu être observée dans ce sondage.

Sondage 2 (est) coupe ouest (figure 1)

D'une profondeur maximale de 90 cm, il est composé de trois couches stratigraphiques principales. La couche supérieure est une terre de labours d'une épaisseur de 30 cm (sud) à 13 cm (nord). Elle est compacte, cendreuse de couleur grise comportant des fragments de madrépore blanchis (amendements à la chaux) et contenait peu de matériel archéologique historique. La couche 2, de couleur beige clair, cendreuse, comportait quelques fragments de matériel historique : céramique, clous de cercueil, ainsi que des ossements humains très fragmentés et épars. La couche 3, d'une épaisseur de 20 cm, résiduelle et très perturbée à cet endroit par le creusement de trois fosses sépulcrales historiques, est composée de ponce beige/jaune. Ce sondage atteste donc l'existence de la couche éruptive de ponce beige qui scelle ordinairement les sites précolombiens dans cette zone. Cependant, la mise au jour des sépultures ne nous a pas permis d'atteindre les niveaux amérindiens.

Sépulture 1 sondage 2.

Creusée aux dépends de la couche 3 de ponce beige, une fosse sépulcrale, orientée est- ouest, a été mise au jour. Elle contenait un individu en décubitus (tête à l'Est, face au nord) d'une taille moyenne de 105 cm. D'après les dents de lait encore présentes dans la mâchoire, il s'agit d'un enfant âgé entre 5 et 8 ans. Les ossements très mal conservés, très friables comportaient par endroits une coloration verte et quelques vestiges d'épingles de linceul ont été retrouvés le long du corps et des jambes ainsi que quelques perles d'un petit rosaire. La colonne vertébrale, en connexion, était totalement soudée par la dissolution des ossements, les métacarpes, les carpes, les métatarses et les tarses ayant totalement disparu. La sépulture a été détruite dans sa partie sud et partiellement dans sa partie nord par le creusement ultérieur de deux autres fosses sépulcrales, plus profondes, qui l'encadrent. L'individu dans un très mauvais état de conservation n'a pas été prélevé. Nous avons toutefois effectué un relevé précis avant de protéger cette tombe pour une éventuelle campagne de fouille ultérieure.

Les sondages d'évaluation effectués à l'Anse Céron ne nous ont donc pas permis de vérifier les limites du site précolombien présent dans cette zone. Mais il nous a cependant permis de découvrir un site historique potentiellement riche.

C'est également au cours de cette campagne de sondages que nous a été signalé par le propriétaire de l'habitation voisine (Habitation Céron) des vestiges archéologiques sur une de ses parcelles de terrain. Celle-ci est située sur un plateau au sud de l'Anse Céron, bordée par la rivière du Céron au nord. Le débordement de la rivière lors de la tempête tropicale Marylin en 1995 ayant fortement raviné et entamé les bords de cette parcelle, une fosse remplie de matériel archéologique a été mise au jour dans les berges. Une partie de ce matériel, menacé de destruction, a déjà été prélevée par le propriétaire. Elle est actuellement conservée dans un bâtiment couvert de la propriété. Certaines pièces céramiques ont également été remontées permettant de se rendre compte de la richesse de ce gisement. Il s'agit principalement de poteries culinaires : platines, marmites etc?

La fosse est toujours actuellement visible dans la berge érodée. Elle est partiellement protégée en surface par un gros massif de bambous, étayé par le propriétaire, et dont les racines ont permis sa conservation et sa protection contre les ravinements ultérieurs. Cette fosse, particulièrement riche en matériel céramique, faunique et lithique atteste d'une présence précolombienne forte sur ce plateau. L'observation de la stratigraphie confirme ce qui avait déjà été observé sur les sites de cette zone : Le site se trouve scellé par une couche de ponce beige/jaune d'une épaisseur moyenne d'environ 30 cm.

Une intervention de sauvetage est prévue sur la fosse afin d'en prélever le reste du matériel et d'en effectuer le relevé. De plus, une campagne de sondages du plateau est prévu en mars/avril 2002 afin de délimiter le site.



B. Bérard
Le site de Vivé
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La fouille programmée du site de Vivé a définitivement été achevée cette année avec la fouille d'une possible fosse sépulcrale. Cette fosse avait été identifiée le dernier jour de la campagne 1999. Quelques fragments osseux très mal conservés avaient été observés et une grande coupe à base annulaire complète avait déjà été prélevée.

La fouille de cette fosse a donc été achevée avec la collaboration de F.M. Peltier (association Ouacabou) et T. Romon (anthropologue physique). Malheureusement, si de nombreuses traces osseuses ont été observées à la fouille, leur lamentable état de conservation, lié à l'acidité des sédiments volcaniques, n'a pas permis d'obtenir une quelconque information permettant de confirmer la fonction sépulcrale. En effet, l'état fantomatique des os n'a pas permis d'effectuer une détermination spécifique. Seul le matériel associé nous incite toujours à penser que nous avons fouillé une sépulture. En effet, deux autres coupes complètes ont été découvertes dans le remplissage. Avec la coupe prélevée en 1999 se sont donc trois vases entiers qui ont été déposés dans cette fosse.

L'exploitation de l'ensemble des données recueillies au cours de la fouille de Vivé a déjà largement commencé dans le cadre d'une thèse qui sera soutenue par l'auteur à la fin de l'année 2002. De plus, une équipe pluridisciplinaire a été constituée en vue de la préparation d'un ouvrage monographique. Elle se compose de R. Brithmer, J.P. Giraud, S. Knippenberg, G. Kieffer, J.P. Raynal, C. Sastre, C. Tardy, G. Vernet. Le travail devrait être achevé pour la fin de l'année 2003.



B. Bérard, S. Grouard, N. Serrand et N. Vidal
L'étude pluridisciplinaire du site de Dizac au Diamant
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Un des principaux projets en cours dans le cadre de notre P.C.R. est la réalisation d'une étude pluridisciplinaire du site de Dizac au Diamant à partir des données issues de la fouille programmée dirigée par N. Vidal entre 1990 et 1992. Un programme d'étude sur deux ans, regroupant un grand nombre de chercheurs de notre P.C.R. a été établi. L'équipe est constituée de B. Bérard (technologie lithique, étude céramique), R. Brithmer (étude paléo-botanique), S. Grouard (étude des vertébrés et crustacés), F. Honoré (dessin), S. Knippenberg (origine des matières premières), N. Serrand (malacologie), C. Sastre (étude paléo-botanique), C. Tardy (anthracologie) et N. Vidal (Présentation du site et des travaux, étude céramique).

Ce travaildevrait aboutir au dépôt d'un manuscrit monographique à la fin de l'année 2003. Les études concernant l'industrie lithique (technologie et origine des matériaux) ont déjà été réalisées. Ces résultats ont été présentés dans de précédents rapports. Cette année deux missions d'étude ont été effectuées par S. Grouard et N. Serrand dans le cadre de ce projet. Elles ont permis de réaliser un premier diagnostique concernant les restes fauniques. Ces deux études seront achevées durant l'année 2002.

Les études paléo-botaniques devraient débuter courant 2002. Elle concernerons les restes charbonneux et polliniques issus de la fouille ainsi que ceux issus de carottages que nous allons réaliser dans un bras mort de mangrove situé à proximité immédiate du site. Enfin, les études céramiques seront entamées à la fin de l'année 2002 avec pour objectifs : la caractérisation typologique de la phase Saladoïde évoluée, et la documentation de la première étape de la transition Saladoïde évolué/Troumassoïde.



N. Serrand
Les restes de mollusques du site de la plage de Dizac, Diamant, Martinique
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Les restes de mollusques du site de la plage de Dizac, au Diamant, fouillé entre 1990 et 1992 par N. Vidal (Vidal 1992, 1999), ont fait l'objet d'une première expertise durant trois semaines du mois d'août 2001. Les caisses de matériel ont été réunies dans les locaux du Service Régional de l'Archéologie de Martinique où l'étude a été entamée. Compte tenu du peu de temps engagé cette année, l'étude n'en est qu'à un stade préliminaire et concerne, dans l'immédiat, uniquement les matériels issus des niveaux de décapage les plus profonds : 18, 17, 16 et 14 (voir Vidal 1992, 1999). L'ensemble totalise déjà 10 407 restes de mollusques marins et terrestres, de crustacés et d'échinodermes.

Les restes de malacofaune ont été identifiés le plus souvent à l'espèce et, sinon, au niveau générique (voir Warmke et Abbott 1961, Pointier et Lamy 1998). Le tableau 1 présente la liste des espèces et des genres de mollusques identifiés. Les identifications de certains restes portés dans la catégorie " mollusques indéterminés " seront affinées d'ici la prochaine phase d'étude. La présence de chaque taxon est exprimée par le décompte du Nombre de Restes (NR), c'est-à- dire de tout type de reste, qu'il s'agisse de coquilles complètes ou de fragments et quelles que soient les modalités de leur apport sur le site ; les restes ramassés morts ou d'origine intrusive et les restes témoignant du travail de la coquille, notamment, sont intégrés dans les décomptes et seront traités spécifiquement ensuite. Le Poids de Restes (PDR) a également été enregistré pour chaque élément. Enfin, l'estimation du Nombre Minimum d'Individus de fréquence (NMIf) est en cours mais constitue une lourde tâche puisqu'elle est établie, pour chaque taxon, sur la base de combinaisons d'éléments uniques les plus fréquents qui renvoient à un seul individu (Poplin 1976a,b) et doit être recalculée à chaque changement d'échelle d'observation (site, unité stratigraphique, mètre carré). Le tableau 2 (ci-dessous) présente donc, pour l'instant, uniquement le décompte total en NR et PDR des restes de mollusques des quatre niveaux.


NiveauNombre total de RestesPoids total de Restes
(en grammes)
18 2 928 12 816
17 3 472 9 511
16 3 112 19 772
148955 583
Total10 40747 682
Tableau 2 - Nombre de restes et poids de restes totaux pour les quatre niveaux de décapage étudiés

Composition du spectre : taxons et biotopes exploités

Les 10 407 restes appartiennent à 76 espèces (62 genres) de mollusques marins, soit 48 espèces (36 genres) de gastéropodes, 23 (23) de bivalves et cinq (trois) de polyplacophores (tableau 1). Ces chiffres sont susceptibles d'être modifiés par la reprise des restes qui posaient des problèmes d'identification (mollusques indéterminés) mais sans remettre en cause les données majeures puisqu'il s'agit, le plus souvent, de restes isolés. S'y ajoutent des restes de gastéropodes terrestres du genre Pleurondonte sp. en grand nombre (cf. infra). Enfin, quelques restes de crustacés indéterminés et du bernard-l'ermite terrestre Coenobita clypeatus étaient présents dans le matériel mais seront réintégrés avec les autres restes de crustacés lors de leur étude. La majorité du matériel correspond donc à des restes de mollusques dont l'apport sur le site, quelles qu'en soient les modalités, est plus vraisemblablement d'origine anthropique. Ces restes sont largement dominés par les espèces Donax denticulatus, Strombus gigas, Lucina pectinata, Cittarium pica, Tivela mactroides, Anadara notabilis (figure 1) et les polyplacophores Chiton marmoratus, C. tuberculatus et Acanthopleura granulata.

La présence, dans le matériel, de coquilles complètes de gastéropodes terrestres de grande taille appartenant à au moins deux espèces différentes du genre Pleurodonte sp. est intéressante (figure 2). Il faudra déterminer dans quelle mesure leur occurrence a pu être naturelle dans l'environnement du site ou si elle résulte d'un apport anthropique. Les deux espèces dont l'identification est à confirmer seront, pour l'instant, notées espèce 1 et espèce 2. Des coquilles vides actuelles des deux espèces ont été ramassées dans deux environnements différents de Martinique (espèce 1 : trace des Jésuites, forêt hygrophile ; espèce 2 : section Prêcheur-Grand Rivière, forêt mésophile à xérophile). L'apparente absence, sur cet échantillon, d'un des gastéropodes terrestres les plus souvent observés dans les ensembles de restes de mollusques de sites précolombiens, Bulimulus cf. guadelupensis est, par ailleurs, notable. Enfin, les restes de crustacés n'ayant pas, dans un premier temps, été inclus dans l'étude, on ignore si le bernard- l'ermite Coenobita clypeatus, également fréquent dans les ensembles précolombiens, est fortement représenté sur le site. Sept restes (cinq extrémités de péréiopodes, un péréiopode en connexion avec un mérus et un dactyle gauche) ont été décomptés, mêlés avec les restes de mollusques. Ils n'apparaissent pas dans les décomptes et seront réintégrés aux autres restes de crustacés lors de leur étude.

Peu de restes sont apparus fortement fragmentés, roulés et érodés. De même, peu de restes apparaissent avoir été ramassés morts : on ne compte qu'une valve droite d'Americardia media, une coquille complète de taille moyenne de Cittarium pica, une coquille complète de Nassarius vibex, une autre de Neritina virginea, une d'Oliva reticularis et une de Tectarius muricatus et, enfin, une valve droite très altérée appartenant sans doute au genre Chione sp., deux valves droites d'Anadara notabilis et 13 restes indéterminés. En revanche, le nombre d'éléments pouvant avoir été ramassés morts apparaît élevé pour Strombus gigas (deux labres, un individu sub-complet dépourvu de labre et une épine) et Strombus costatus (deux individus sub-complets et un labre). En dehors de ces éléments, le matériel présente, de manière générale, un très bon état de conservation.

Le tableau 3 présente le détail du dénombrement taxinomique en nombre de restes pour les quatre niveaux de décapage (le même décompte en nombre minimum d'individus est en cours). Parmi les mollusques, les bivalves dominent dans les quatre niveaux (76% NR variant selon les niveaux entre 85,8 et 90,6%) devant les gastéropodes puis les polyplacophores. Neuf espèces de mollusques totalisent à elles seules près de 90% des restes : il s'agit de Donax denticulatus, Strombus gigas, Lucina pectinata, Cittarium pica, Tivela mactroides, Anadara notabilis et des polyplacophores Chiton marmoratus, C. tuberculatus et Acanthopleura granulata (figure 1). S'y ajoutent, dans une moindre mesure, les gastéropodes Neritina virginea, Tectarius muricatus, Planaxis nucleus et Strombus costatus, et les bivalves Anomalocardia brasiliana et Codakia orbicularis. Les gastéropodes sont, en général, assez faiblement représentés (15% NR variant selon les niveaux entre 12,5 et 27,5%).

L'association de taxons semble indiquer l'exploitation importante de fonds sableux (donax, lucines, palourdes Codakia orbicularis) et sablo-vaseux (praires Tivela mactroides), peut-être en marges d'herbiers (strombes, palourdes Codakia orbicularis), et vraisemblablement liés à la présence de formations de mangrove (marigot de Dizac) dont sont également extraits de nombreux taxons (dont Anomalocardia brasiliana, Melongena melongena, Pugilina morio), toutefois présents en moindres quantités. Les taxons collectés sur le médiolittoral rocheux sont moins nombreux mais le burgo Cittarium pica et les polyplacophores (Chiton marmoratus, C. tuberculatus et Acanthopleura granulata notamment) sont bien représentés. Les provenances des taxons seront précisées, mais on a d'ores et déjà l'image d'une exploitation à l'interface de plusieurs milieux : dans un éventuel ancien cours d'eau de la ravine Dizac, à l'ouest du site (présence de Neritina virginea), dans son embouchure ou au niveau du marigot de Dizac (taxons de mangrove) et, dans la Baie de Dizac, sur les fonds combinant vraisemblablement des zones sablo- vaseuses et sableuses (voir Vidal 1992 : 68) et, enfin, dans des herbiers dont nous n'avons, pour l'instant, pas pu vérifier la présence et/ou l'extension actuelle au large du site.

Les taxons majeurs : première caractérisation et voies d'étude

Les donax, Donax denticulatus : ce taxon a manifestement été exploité pour la consommation. 6 532 restes ont été décomptés qui consistent essentiellement en valves complètes (3 356 droites, 3 086 gauches), le reste consistant en portions de valves latéralisées (charnières/crochets, bords ventraux, extrémités antérieures ou postérieures, etc.) et en fragments non latéralisés (n : 23), soit au moins 3 362 individus sur les quatre niveaux de décapage réunis. Certaines valves présentent clairement une à plusieurs encoches sur le bord ventral (figure 3) qui pourrai(en)t avoir été produit(es) lors de l'ouverture des valves (avant ou après cuisson, la seconde hypothèse semblant plus plausible bien que deux valves seulement soient apparues brûlées). Les mesures de longueur et de hauteur (en mm) des valves complètes et sub-complètes (permettant au moins la prise d'une des mesures) ont été enregistrées : la longueur, notamment, a pu être relevée pour 6 392 valves (3 328 droites et 3 064 gauches). La répartition des valves mesurées en classes de longueur (en mm) est présentée à titre indicatif dans ce premier rapport (tableau 4, figure 4) ; les données métriques seront traitées de manière détaillée, ultérieurement. Les remontages se sont avérés délicats compte tenu de la quantité importante de valves et de la difficulté à les articuler. Les lucines Lucina pectinata : ce taxon est relativement bien représenté. 469 restes ont été décomptés qui consistent essentiellement en valves complètes (106 droites, 120 gauches) en portions de valves latéralisées (charnières/crochets, bords ventraux, extrémités antérieures ou postérieures, etc.) et en fragments non latéralisés (n : 60), soit au moins 147 individus sur les quatre niveaux de décapage réunis. Les mesures de longueur et de hauteur (en mm) des valves complètes et sub-complètes (permettant au moins la prise d'une des mesures) ont été enregistrées : la longueur, notamment, a pu être relevée pour 276 valves (122 droites, 153 gauches et 1 non latéralisée). La répartition des valves mesurées en classes de longueur (en mm) est présentée à titre indicatif dans ce premier rapport (tableau 5, figure 5) ; les données métriques seront traitées de manière détaillée, ultérieurement. Les remontages se sont avérés probants dans quelques cas. Les praires Tivela mactroides : ce taxon est relativement bien représenté. 412 restes ont été décomptés qui consistent essentiellement en valves complètes (120 droites, 125 gauches) en portions de valves latéralisées (charnières/crochets, bords ventraux, extrémités antérieures ou postérieures, etc.) et en fragments non latéralisés (n : 76), soit au moins 135 individus sur les quatre niveaux de décapage réunis. Les mesures de longueur et de hauteur (en mm) des valves complètes et sub-complètes (permettant au moins la prise d'une des mesures) ont été enregistrées : la longueur, notamment, a pu être relevée pour 266 valves (132 droites, 132 gauches et 2 non latéralisées). La répartition des valves mesurées en classes de longueur (en mm) est présentée à titre indicatif dans ce premier rapport (tableau 6, figure 6) ; les données métriques seront traitées de manière détaillée, ultérieurement. Quelques remontages ont pu être établis mais il est probable que les cas sont plus nombreux. De nombreuses valves de ce taxon présentent aussi clairement une à plusieurs encoches sur le bord ventral (figure 7) qui pourrai(en)t avoir été produit(es) lors de l'ouverture des valves (avant ou après cuisson, la seconde hypothèse semblant plus plausible bien que deux valves seulement soient apparues brûlées).

Les valves de ce taxon ont aussi été mises à profit pour le travail de la coquille : on a relevé, dans les quatre niveaux, la présence de 12 valves présentant des vestiges d'abrasion sur le sommet du crochet (figure 8), abrasion qui aboutit au percement du test et à la création d'un orifice (vraisemblablement de suspension). 7 sont intactes ; les 5 autres sont fragmentaires, leur fracture ayant pu être produite lors du façonnage ou de l'utilisation.

Les arches Anadara notabilis : ce taxon est relativement bien représenté avec 239 restes qui consistent essentiellement en valves complètes (113 droites, 113 gauches) en portions de valves latéralisées (charnières/crochets, bords ventraux, extrémités antérieures ou postérieures, etc.) et en fragments non latéralisés (n : 2), soit au moins 115 individus sur les quatre niveaux de décapage réunis. Les mesures de longueur et de hauteur (en mm) des valves complètes et sub-complètes (permettant au moins la prise d'une des mesures) ont été enregistrées mais le travail de caractérisation des restes et d'analyse métrique est encore en cours et ne sera présenté qu'ultérieurement. Quelques remontages ont pu être établis mais il est probable que les cas sont plus nombreux.

Le lambi Strombus gigas : ce taxon est relativement bien représenté avec 702 restes dont 21 individus complets et sub-complets. Deux d'entre eux sont strictement complets ; 11 autres témoignent très clairement de la consommation de l'animal puisqu'ils sont pourvus de l'orifice d'extraction traditionnel sur le troisième tour de spire (par lequel le muscle attachant l'animal à sa coquille peut être sectionné avant d'extraire l'animal par le labre (figure 9). Il s'agit de 3 individus complets, d'un individu sub-complet pourvu de son labre mais portant un enlèvement ventral sur le dernier tour, de 2 individus complets dépourvus de leur labre et de 5 individus sub- complets dépourvus d'apex, de labre et de partie siphonale. S'y ajoutent des individus complets et sub-complets ne témoignant pas directement de la consommation : 1 individu sub-complet dépourvu de spire, 3 individus sub-complets dépourvus de spire et dont le labre est en partie enlevé, 2 individus complets dépourvus de leur spire et de leur labre, 1 individu complet dépourvu de son dernier tour et de son labre et 1 individu complet juvénile portant une encoche. Certains des strombes complets et sub-complets (dont certains de ceux qui présentent des stigmates d'extraction de l'animal) témoignent, clairement, du débitage de leur labre (figure 9), débitage qui semble avoir, le plus souvent, été opéré au plus près de la portion désirée (portion étroite mais régulière). De fait, les autres restes de Strombus gigas consistent en de nombreux fragments de dernier tour, d'épaule avec ou sans nodules/épines et de labre (notamment portions anales et siphonales et marges latérales externes du labre (figure 10) qui correspondent typiquement à des déchets du débitage et du façonnage du labre. L'ensemble suggère une importante utilisation de la coquille de ce taxon comme matière première et support de production. Néanmoins, peu de labres travaillés ont été observés dans le matériel des quatre niveaux étudiés (cf. infra).

Les individus complets et sub-complets ont été mesurés et décrits (type de fragment, de coquille complète ou de coquille sub-complète, stade de croissance, nombre de tours de spire, nombre de tours manquants). Il s'agit essentiellement d'individus sub-adultes à adultes pourvus d'un labre plus ou moins développé et épais. Le travail de caractérisation des restes de strombes est encore en cours.

Le strombe laiteux Strombus costatus : ce taxon est relativement bien représenté avec 28 restes. 4 correspondent à des individus complets dont 1 pourvu d'un orifice d'extraction sur le troisième tour de spire (figure 11). 2 autres sont des individus sub-complets mais dépourvus de leur spire, et un dernier est un individu sub-complet dépourvu de sa spire et de son labre. Pour ces trois derniers spécimens dépourvus de leur spire (figure 11), il est possible d'envisager l'utilisation de la coquille comme " conque sonore " (il est effectivement possible de produire un son en soufflant par cet orifice) mais il reste délicat de l'attester. Enfin, comme ceux du lambi Strombus gigas, les labres du strombe laiteux Strombus costatus semblent avoir été débités (figure  12) pour une utilisation qui n'est pas encore connue, aucune pièce façonnée sur ce type de support n'ayant encore été observée.

Le burgo Cittarium pica : ce taxon est relativement bien représenté avec 448 restes dont 107 correspondent à des individus complets et sub-complets (dépourvus de spire, d'ouverture et/ou de base). Parmi les individus (sub-)complets, 18 portent un large orifice sur le dernier tour, le plus souvent au-dessus de l'ouverture, pouvant lui aussi témoigner du mode d'extraction de l'animal (figure 13). Comme pour le lambi, les individus complets et sub-complets ont été mesurés mais le travail de caractérisation des restes et d'analyse métrique est encore en cours.

Ces quelques données en sont encore à un stade préliminaire mais montrent qu'il sera possible d'arriver à une bonne caractérisation des modes d'exploitation de ces différents taxons, les indices de leur utilisation pour la consommation comme pour le travail de la coquille étant nombreux et bien préservés. On développera donc essentiellement la caractérisation métrique des individus des principaux taxons de bivalves et de gastéropodes, l'observation des traces témoignant des modes de consommation et de celles documentant l'utilisation des coquilles de certains de ces taxons pour le travail de la coquille.

Répartition spatiale et stratigraphique des restes

L'observation de la répartition des restes, d'une part, sur l'emprise de la fouille au sein de chaque niveau de décapage et, d'autre part, entre les quatre niveaux n'a pas été menée pour l'instant. Cela représente un lourd traitement des données qui ne sera entamé que lorsque les restes des niveaux supérieurs auront été étudiés. Il sera alors intéressant d'observer, en stratigraphie, si les fréquences des taxons principaux, la taille des individus et la représentation des milieux exploités enregistrent des variations importantes entre le début et la fin de l'occupation du site. On tentera également une observation de la répartition spatiale des restes, en particulier des strombes, sur la zone fouillée (50 m2 ; voir Vidal 1992, 1999).

Le travail de la coquille

Parmi les restes d'invertébrés présents dans les quatre niveaux de décapage, de nombreux éléments témoignent d'ores et déjà du travail de la coquille. On a déjà souligné l'utilisation des valves de Tivela mactroides dont la face externe du sommet du crochet est abrasée jusqu'au percement du test pour produire un orifice permettant sans doute la suspension de la valve ; quelques valves d'autres bivalves (Anadara notabilis, Codakia orbicularis notamment) présentent également des percements plus grossiers (résultant peut-être d'une percussion) au niveau du crochet dont il faudra vérifier la nature anthropique.

L'utilisation du labre du lambi Strombus gigas est attestée par la présence d'individus sub- complets dont le labre a clairement été débité et de fragments (déchets) typiquement produits lors de ce débitage ou du façonnage du labre (cf. supra). Quelques pièces fragmentaires témoignent d'une production d'outils tranchants sur labre (figure 14). Le labre et d'autres portions de la coquille de ce taxon ont également été utilisées pour la production d'objets variés dont témoignent notamment une perle discoïde, un fragment de tube plein, un disque épais (figure 14) avec une amorce uniconique de perforation (à moins qu'il ne s'agisse d'une cupule sur un élément destiné à l'incrustation) et deux zemis aboutis (figure 14), ces derniers étant vraisemblablement produits sur deux nodules.

D'autres taxons ont été au moins occasionnellement utilisés : on relevé au moins trois coquilles d'Oliva reticularis dont deux dépourvues de spire et la troisième dont la spire est abrasée et dont le mur dorsal du dernier tour porte un percement en gorge ; une coquille de Conus sp. dont l'apex semble avoir été abrasé, une charnière de valve gauche de Pinctada imbricata perforée, et plusieurs coquilles de divers taxons de taille moyenne (Melongena melongena, Pugilina morio, Cymatium sp., notamment) portant une encoche sur le mur columellaire (figure 15) dont la signification n'est pas connue mais qui a été observée sur d'autres sites (notamment celui de Hope Estate à St Martin).

Perspectives

L'étude des restes d'invertébrés des quatre premiers niveaux du site de Dizac n'en est qu'au stade préliminaire. Les données ont seulement été présentées, de manière succincte ; l'analyse complète du matériel sera réalisée lorsque l'ensemble des restes provenant du site aura été étudié. Néanmoins, l'observation de ces premiers restes confirme la richesse de ce site :

  • le matériel est parfaitement conservé et devrait permettre l'observation de multiples aspects de l'exploitation des invertébrés : nombreux éléments complets mesurables, netteté des traces de consommation et de travail de la coquille, notamment ;
  • il est déjà très abondant pour ces premiers niveaux et devrait permettre des comparaisons quantitatives intéressantes d'un niveau de décapage à l'autre (mais il n'est pas exclu que le matériel puisse se raréfier dans les niveaux suivants) ;
  • le spectre est riche et contient des taxons variés provenant de plusieurs milieux vraisemblablement associés dans l'environnement du site ce qui pourra peut-être permettre une approche paléo-environnementale ;
  • enfin, d'autres éléments travaillés devront s'ajouter à ceux déjà observés pour ces quatre premiers niveaux et donneront lieu à une étude approfondie dès le prochain rapport.

Références bibliographiques

POINTIER, J.-P. & D. LAMY,

1998 - Guide des coquillages des Antilles. Collection 'Découvre la Mer', PLB Editions. 225 p.

POPLIN, F.,

1976a - Remarques théoriques et pratiques sur les unités utilisées dans les études d'ostéologie quantitative, particulièrement en archéologie préhistorique. In : L. Barral, Union Internationale des Sciences Préhistoriques et Protohistoriques, XIe Congrès : 124-141. Union Internationale des Sciences Préhistoriques et Protohistoriques, Conseil international de la Philosophie et des Sciences Humaines de l'UNESCO, Nice.

1976b - A propos du Nombre de Restes et du Nombre d'Individus dans les échantillons d'ossements. In : Cahier du Centre de Recherche Préhistorique de l'Université de Paris I, Vol. 5 : 61-74.

VIDAL, N.,

1992 - Les Fouilles Archéologiques du site Précolombien de la Plage de Dizac, le Diamant, Martinique. Maîtrise de l'Université de Paris I Panthéon-Sorbonne, Paris.

1999 - Le site précolombien de la Plage Dizac au Diamant, Martinique. In : Proceedings of the 16th International Congress for Caribbean Archaeology. Basse-Terre, Guadeloupe, 1995. Conseil Régional de la Guadeloupe, Mission Archéologique et du Patrimoine : 7-16. Basse-Terre, Guadeloupe.

WARMKE, G.L. et R.T. ABBOTT,

1961 - Caribbean Seashells. A Guide to the Marine Mollusks of Porto Rico and other West Indian islands, Bermuda and the lower Florida keys. Livingston Publishing Compagny. Narberth. Pennsylvannia. 346 p.




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