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On remarquera tout d'abord que sur l'ensemble des sites
étudiés les niveaux éruptifs reconnus, qui
encadrent généralement un paléosol noir d'une
épaisseur moyenne de 0,30 m, ne présentent pas de
formation attribuable à des coulées pyroclastiques
mais seulement des dépôts de retombée plinienne
et des lits cendreux caractéristique d'une phase
éruptive de type blast. Les différents
épisodes éruptifs sont au nombre de six :
Le tephra supérieur de Vivé (TV1) :
Défini sur le site archéologique de Vivé
sur la côte atlantique où il recouvre le niveau
archéologique inférieur, il est également
présent sur le site archéologique de Moulin
l'Étang dans une position stratigraphique comparable.
Il est constitué par deux niveaux : à la base
un mince niveau (épaisseur : 0,03 m max.) de cendres
grises plus ou moins microlitées et un niveau à
ponces (épaisseur : 0,40 m max.). Il est
interprété comme le témoin d'un épisode
éruptif de La Montagne Pelée comprenant un blast
initial suivi par une phase plinienne.
Du point de vue chronologique, nous pouvons dire qu'il
intervient lors de l'occupation du site de Vivé par des
amérindiens de culture saladoïde ancienne,
c'est-à-dire vers le IV ème siècle. Il
pourrait être identifié à l'éruption
datée vers 280 AD, soit l'éruption P2 de H. TRAINEAU
et al.
Le tephra inférieur de Moulin l'Étang.
(TME2) :
Défini sur le site archéologique de Moulin
l'Étang sur la côte atlantique où il est
présent sous le niveau archéologique
inférieur, il est également présent sur le
site archéologique de Vivé, dans une position
stratigraphique comparable mais plus dégradé. Il est
constitué par un niveau à ponces
(épaisseur : 0, 35 m max.). Il est
interprété comme le témoin de la phase
plinienne d'un épisode éruptif de La Montagne
Pelée.
Du point de vue chronologique, nous pouvons dire qu'il est
nettement antérieur à l'occupation des sites de
Vivé et de Mouling l'Étang (c'est-à-dire au IV
ème siècle), en effet son sommet est toujours
nettement affecté par le développement d'un sol qui
contient les vestiges archéologiques. Il pourrait être
identifié à l'éruption datée vers 60
avant J.-C., soit l'éruption P3 de H. TRAINEAU et al.
Le tephra inférieur de Saint-Pierre. (TSP2) :
Défini sur le site archéologique de La future
Sous-Préfecture à Saint-Pierre sur la côte
caraïbe où il est présent sous le niveau
archéologique précolombien, il est également
présent sur le site archéologique de l'habitation
Perrinel à Saint-Pierre et dans des coupes observées
à Beauséjour (5 km au SSW de la Pelée et 2 km
au NW de Saint-Pierre), dans une position stratigraphique
comparable.
Il est constitué par un niveau à ponces
(épaisseur : 0, 20 m max. en place + 0,35 m
pédogenisé).
Il est interprété comme le témoin de la
phase plinienne d'un épisode éruptif de La Montagne
Pelée.
Du point de vue chronologique, nous pouvons dire qu'il est
nettement antérieur à l'occupation des sites du
secteur de Saint-Pierre, en effet son sommet est toujours nettement
affecté par le développement d'un sol qui contient
les vestiges archéologiques. Le paléosol qui le
surmonte contient des vestiges archéologiques de la phase
Saladoïde récente à la phase Suazoïde, soit
du Véme au XIIIéme siècle après J.-C..
Il pourrait donc être identifié à deux
éruptions, soit P2 (vers 280 après J.-C.), ou bien P3
(vers 60 avant J.-C.).
Le tephra supérieur de Saint-Pierre. (TSP1) :
Défini sur le site archéologique de l'habitation
Perrinel à Saint-Pierre sur la côte caraïbe
où il est présent sur le niveau archéologique
précolonbien, il est également dans des coupes
observées à Beauséjour (5 km au SSW de la
Pelée et 2 km au NW de Saint-Pierre) où il recouvre
un paléosol noir.
Il est constitué par deux niveaux : à la base
un mince niveau (épaisseur : 0,30 m max.) de cendres
grises microlitées et un niveau à ponces
(épaisseur : 0, m max.). Il est
interprété comme le témoin d'un épisode
éruptif de La Montagne Pelée comprenant un blast
initial suivi par une phase plinienne.
Du point de vue chronologique, nous pouvons dire qu'il est
postèrieur à l'occupation du site de l'habitation
Perinnel à Saint-Pierre. Le matériel
archéologique le plus récent du site appartient
à la phase Suazoïde (XIIIéme siècle
après J.-C.). Il pourrait donc être identifié
à P1 (vers 1300 après J.-C.)
Le complexe téphrique de Saint-Pierre (CTSP) :
Il est présent que sur le site de La future
Sous-Préfecture à Saint-Pierre où il recouvre
le niveau archéologique.
Il est constitué par, à la base par une
unité à ponces (épaisseur : 0,47 m) puis
par une seconde unité (épaisseur : 0,11 m)
dominée par des produits fins plus ou moins lités. On
note également un niveau à ponces vers le sommet de
cette seconde unité. L'épaisseur totale de ce
complexe téphrique est de 0,58 m.
Il est interprété comme le témoin d'un
épisode éruptif de La Montagne Pelée
comprenant une phase plinienne à la base puis une phase
à déferlantes avec cependant au moins un
épisode de retombée à ponces.
Du point de vue chronologique, nous pouvons dire qu'il est
postérieur à l'occupation du site de La future
Sous-Préfecture à Saint-Pierre. Le matériel
archéologique le plus récent du site appartient au
début de la phase Suazoïde (autour de l'an Mil). Comme
ce complexe téphrique ne trouve pas d'équivalent, il
est donc impossible de le rattacher à une des phases
éruptives de La Montagne Pelée définies par
les volcanologues, cependant sa position au dessus de vestiges
amérindiens datés autour de l'an Mil fait qu'il ne
peut être comparer qu'à l'épisode P1 de la fin
du XIIIème siècle.
On le voit une nouvelle téphrochronologie de la Montagne
Pelée commence lentement à se dégager.
Cependant, si nous avons bien démontré l'interaction
entre le volcanisme de la Montagne Pelée et le peuplement
amérindien de la Martinique et jeté les bases d'une
téphrochronologie en milieu archéologique, il nous
reste encore à caractériser les paléo-
environnements et à quantifier l'impact du volcanisme et de
l'homme sur les paléo-milieux. Ce travail est en cours dans
le cadre d'une collaboration avec le Muséum d'Histoire
Naturelle et le Parc Naturel Régional de la Martinique sous
la forme d'études palynologiques et anthracologiques. Par
ailleurs, il nous faut poursuivre le travail de rattachement des
événements éruptifs reconnus en milieu
archéologique à la chronologie proposée par
les volcanologues en poursuivant leur caractérisation fine
sur le plus de sites possibles. Dans ce but, des analyses
prometteuses et novatrices sont en cours. Il s'agit de datations
physiques, par thermoluminescence, effectuées directement
sur les niveaux pliniens elles permettront vraisemblablement de
régler définitivement le problème de
corrélation entre les niveaux à ponces
découverts lors des différentes fouilles.
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